Guide pratique

Assainissement individuel : ce qu'il faut vérifier avant d'acheter

Publié par Sofiane Amrouni, Arthurimmo.com Aubenas

En Sud Ardèche, une grande partie des maisons n'est pas raccordée au tout-à-l'égout. C'est normal, mais cela demande quelques vérifications — et c'est souvent le point qui inquiète le plus les acquéreurs venus de la ville.

Pourquoi tant de biens sont concernés ici

L'habitat du Sud Ardèche est dispersé : hameaux isolés, maisons de campagne, mas en pleine nature. Étendre un réseau collectif jusqu'à chaque construction n'aurait aucun sens économique. Ces biens disposent donc d'une installation autonome, ce qu'on appelle l'assainissement non collectif.

Les installations que vous rencontrerez

La fosse toutes eaux associée à un épandage reste la configuration la plus répandue : les eaux usées sont prétraitées puis dispersées dans le sol. La micro-station d'épuration, plus compacte, convient aux terrains exigus mais demande un entretien régulier et consomme de l'électricité. On croise encore d'anciennes fosses septiques ne recevant que les eaux des toilettes : ces installations ne sont plus conformes.

Le contrôle est obligatoire à la vente

Le vendeur doit fournir un rapport de contrôle du SPANC — le service public d'assainissement non collectif de la commune — datant de moins de trois ans. Ce document fait partie du dossier de diagnostics remis au compromis. Sans lui, la vente ne peut pas se conclure sereinement.

Ce que dit le rapport, et ce que ça implique

Le contrôle aboutit généralement à l'une de ces conclusions : installation conforme, installation présentant des défauts sans danger immédiat, ou installation non conforme avec risque sanitaire ou environnemental. Dans ce dernier cas, l'acquéreur dispose d'un an après la signature pour réaliser les travaux de mise en conformité. C'est une obligation légale, pas une simple recommandation.

Comment cela se négocie en pratique

Un rapport défavorable n'empêche pas la vente et ne doit pas faire fuir. Le coût des travaux est chiffrable, et il se négocie. Selon les cas, le vendeur réalise les travaux avant la vente, ou le prix est ajusté pour que l'acquéreur les prenne en charge. Ce que je conseille systématiquement : faire établir un devis avant la signature du compromis, pour négocier sur des montants réels plutôt que sur des estimations approximatives.

Les questions à poser avant de vous engager

Quelle est la date du dernier contrôle ? Quelle est la nature exacte de l'installation et son ancienneté ? La fosse a-t-elle été vidangée récemment, et à quelle fréquence ? En cas de non-conformité, un devis a-t-il déjà été demandé ? Le terrain permet-il un épandage, ou faudra-t-il une solution plus coûteuse ?

L'assainissement individuel n'a rien d'un problème en soi : c'est simplement une caractéristique du bâti rural qu'il faut connaître et vérifier. Sur chaque bien que je propose, j'obtiens le rapport SPANC en amont et je vous en explique les conclusions avant toute visite.

Questions fréquentes

Le contrôle d'assainissement est-il obligatoire pour vendre ?

Oui, pour tout bien non raccordé au tout-à-l'égout. Le diagnostic doit dater de moins de trois ans au moment de la vente, et il est réalisé par le service public d'assainissement non collectif de votre commune.

Qui paie les travaux si l'installation n'est pas conforme ?

C'est un point de négociation entre vendeur et acquéreur. En pratique, l'acquéreur dispose d'un an après la vente pour mettre l'installation en conformité, et le coût pèse souvent sur le prix final. Mieux vaut connaître le montant avant de fixer son prix.

Combien coûte une mise en conformité ?

Le montant varie fortement selon la nature du sol, la surface disponible et la filière retenue. C'est précisément pour cela que je conseille de faire chiffrer avant de s'engager, plutôt que de découvrir la facture après le compromis.

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